Chelnov (Megadrive, 1992)

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Titre alternatif : Atomic Runner
Année : 1992
Studio : Data East
Éditeur : Data East
Genre : faire du Chelnov avec du vieux
Joué et testé sur Megadrive
Support : cartouche


Chelnov, un jeune scientifique vivant paisiblement dans un manoir en pleine forêt avec sa famille, va devoir enfiler la combinaison atomique façonnée par son père afin de délivrer sa sœur kidnappée par les Deathtarians. Ces derniers sont, comme leur nom l’indique (?), d’affreux extraterrestres qui souhaitent mettre à genoux notre belle planète – qui serait en fait la leur ! Les Deathtarians seraient en effet les habitants originels de la Terre. Ils l’auraient dominée bien avant l’apparition des Hommes. C’est donc à la fois à travers le monde, le temps et l’Histoire que Chelnov devra lutter. Dans des jungles luxuriantes, au plus profond de bases futuristes, au pied de volcans suintant de lave, dans un désert égyptien cyberpunk, près de temples mayas, en sautant de statue Moaï en statue Moaï, et bien évidemment en ayant le courage de faire face à des créatures millénaires comme des dragons ou un Dogu géant, le tout pour finir à New York dans un duel final épique au possible.

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CHELNOV, sur Megadrive, est l’exemple type du portage réussi. Le jeu, initialement sorti en arcade, a été complètement refait, amélioré… sublimé ! À la décharge de l’épisode originel, il convient quand même de préciser qu’il date de 1988. La version Megadrive étant sortie quatre ans plus tard, il n’est pas surprenant qu’elle soit à présent devenue le mètre étalon de ce pur-sang marathonien de l’impossible qu’est Chelnov, pauvre hère transformé par un malheureux hasard de l’inhumanité des Hommes en créature surpuissante. Le pitch de CHELNOV (aka ATOMIC RUNNER), renvoie ainsi au mythe d’Icare, à la folie des grandeurs. Au danger du nucléaire. Ce n’est donc certainement pas une coïncidence si l’improbable héros du jeu porte un nom d’origine russe… Non, russe c’est pas comme les poupées. Et non, russe, pas comme les accidents d’avion. Russe comme les incidents nucléaires, il faut suivre un peu ! Il ne faut pas s’y tromper : le pitch de la version arcade, sortie dans la foulée de la catastrophe de Tchernobyl, sent le politiquement incorrect à plein nez puisque le héros est un mineur ayant été exposé à de fortes radiations à la suite d’un incident nucléaire – ceci expliquant ses super pouvoirs physiques (course, saut, etc.). Un peu étrange, d’ailleurs. Les gens exposés de la sorte récupèrent plutôt le super pouvoir de mourir dans l’indifférence générale. Mais passons. Le scénario de CHELNOV a de toute façon été modifié pour l’adaptation sur Megadrive, et on a maintenant droit à un piteux scientifique dans une armure robotisée qui part délivrer sa sœur des griffes de monstrueux extraterrestres. Ouaip, c’est pas très sexy tout ça. C’est d’autant plus rageant que le pitch originel justifiait quelque peu le gameplay du jeu : on imaginait ainsi très bien notre héros irradié, puissant certes, mais aux jambes aussi incontrôlables que le réacteur des centrales nucléaires japonaises – Chelnov ne pouvant, par exemple, presque jamais s’arrêter de courir. Je dis bien « presque » car il s’agit de l’un des détails les plus importants du jeu : le scrolling forcé qui fait de ce run&gun le fils caché des plus impitoyables des shoot’em up.

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Notre bonhomme a donc des fourmis radioactives dans les jambes – néanmoins sa course folle peut être domptée à deux reprises. Tout d’abord lors des combats face aux boss, puisque le scrolling s’arrête – mais à cet instant, c’est votre cœur qui s’emballe ! Ensuite, Chelnov peut arrêter sa course (toujours en direction de la droite) si vous appuyez sur la croix directionnelle gauche. Attention malgré tout : le scrolling ne cessera pas de défiler pour autant ! Chelnov se rapprochera donc à toute vitesse de la partie gauche de l’écran (dangereux, car vous ne pourrez pas anticiper les ennemis sortant de ce côté). En pressant la croix directionnelle droite, votre héros reprendra sa course – si vous n’appuyez sur aucun bouton, Chelnov courra automatiquement, mais à moins vive allure. Tout est donc affaire de timing, de réflexes mais aussi parfois de mémoire (surtout pour le mode hard).

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La prise en main du héros et de ses mouvements ne se fait pas sans mal, au début. Vous risquez même de détester ce gameplay atomique. Persévérez : le jeu en vaut la chandelle. Si vous accrochez au principe, la maniabilité de Chelnov deviendra vite une seconde nature. La manette, le héros pixelisé et vos mains ne feront plus qu’un, à la manière d’une belle et très colorée fusion nucléaire ! Le fait que le scrolling défile constamment donne un rythme dantesque au jeu. Le joueur est toujours sous pression, il faut avoir un œil sur tout – et en particulier sur les limites de l’écran, à droite et à gauche, puisque c’est de là que viendront les ennemis. Chelnov peut ainsi s’arrêter un court instant (comme je l’ai déjà dit cela peut vous servir à vous replacer dans l’écran, voire à anticiper certaines vagues adverses), sauter, sauter en tirant (dans une direction précise ou à 360 degrés), se baisser ou encore faire une volte-face (génial et indispensable) afin de tirer derrière – notez que cette commande est réalisable même en plein saut. Les morts, dans CHELNOV, ne sont donc jamais injustes puisque le gameplay répond parfaitement, on a vraiment l’impression de maîtriser son destin sur le bout des doigts. Le détail qui tue (mais littéralement), c’est qu’il est possible de terrasser les ennemis autrement qu’en leur tirant dessus – à la manière de Super Mario, vous pouvez en effet sauter sur les monstres et ainsi leur rebondir dessus en les annihilant. Et ça change tout ! Aiguisez donc vos réflexes, vous allez en avoir besoin, car dans CHELNOV rien n’est jamais perdu. Une vague ennemie approche, je bloque mon personnage pendant quelques secondes pour avoir un angle de tir diagonal idéal avec mon laser, j’explose quelques monstres en plein vol mais d’autres apparaissent dans mon dos. J’effectue un saut + tir à 360 degrés, je touche plusieurs adversaires mais certains passent au travers des mailles du filet. Ils me foncent dessus. D’autres arrivent par la droite. Je tire, je saute, je rebondis, je fais une volte-face pour exploser un monstre à bout portant et dans la même seconde je me remets dans le sens de la marche pour écraser une araignée. Le scrolling ne s’arrête pas je n’ai pas le temps de souffler, je récupère quelques upgrades, je change d’arme en ramassant une capsule chouette c’est le boomerang. Je connais un peu le niveau je m’attends à une nouvelle vague venant de la gauche je me prépare en me retournant et bien évidemment Chelnov continue de marcher vers la droite, imitant ainsi à la perfection le Moonwalk d’un autre extraterrestre bien connu des geeks. Les ennemis arrivent comme je suis dans la position idéale je les annihile dans la seconde. Ouf, j’ai fait le plus dur. Le scrolling s’arrête enfin. Je me prépare à un duel épique contre un boss énorme.

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CHELNOV, c’est un pur concentré de rock’n roll vidéoludique. Les parties sont absolument jouissives, le jeu hyper maniable et, cerise sur le gâteau, s’il n’est pas renversant techniquement parlant, il demeure malgré tout joliment réalisé avec des décors inspirés quand ils ne sont pas ultra détaillés (damned, le niveau 6 n’a-t-il pas été dessiné par Antoni Gaudi ?!?), le tout étant complété par des musiques bien senties. Oui, une fois que l’on a pris le coup, il est extrêmement difficile de lâcher la manette. Quel pied ! Surtout, à mesure que l’on maîtrise davantage les ficelles du jeu, on découvre de nouvelles tactiques, voire des stratégies à part entière afin de passer certains endroits chauds. Ainsi, si le jeu fait avant tout appel aux réflexes et parfois à la mémoire (surtout en hard, je me répète), il est aussi éminemment logique. Un boss vous pourrit la vie avec son bras droit doté d’un canon laser – pourquoi ne pas profiter des deux secondes de latence avant le combat pour mettre en place une stratégie qui vous facilitera la vie ? Un long fossé à franchir et aucune possibilité de voler au-dessus – pourquoi tuer les ennemis qui apparaissent alors que vous pourriez les utiliser comme des plates-formes vivantes ? Certains boss de mid-level vous pourrissent la vie – pourquoi ne pas vous concentrer sur les ennemis de base qui vous canardent, et attendre que le mid-boss en question se décide à partir de lui-même ?

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Voici donc le charme de CHELNOV : ce savant mélange de stratégie, de réflexes et de mémorisation qui poussera le joueur patient et malin à innover, puisqu’il n’y a pas qu’une seule manière de surmonter les obstacles du jeu. Et le moindre tir adverse, le moindre contact avec un ennemi vous faisant passer de vie à trépas, la tension est toujours à son paroxysme. C’est aussi ce qui fait de CHELNOV un jeu hautement euphorisant : le joueur doit à chaque instant peser le pour et le contre, jauger les risques à prendre et ceux qui sont plus superflus. Frôler un laser extraterrestre, retomber sur un monstre et l’écraser, canarder les méchants qui vous chargent par devant, effectuer une volte-face pour vous préparer à encaisser la vague suivante venant de la gauche tout en gardant un œil sur le piège qui vient d’apparaitre à droite de l’écran et qui se rapproche de vous à chaque instant en raison du scrolling forcé. Canarder de nouveau, sauter par-dessus une main monstrueuse, être poursuivi par un dragon, faire face à trois crânes volants armés de canons semeurs de morts. Et s’en sortir vivant. Fabuleux, surtout lorsque tout ce que je décris est réalisable du premier coup, c’est-à-dire lorsque vous découvrez le niveau en question pour la première fois, si vous avez un brin de chance et une bonne dose de réflexe. Quelle merveilleuse sensation de toute puissance !

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Au niveau des armes, CHELNOV verse à la fois dans le classique et le classieux du genre bien moyenâgeux. Pour le classique nous avons droit au laser de base (efficace, ne le sous-estimez pas), à des missiles (homing missiles mais pas toujours très fiables, je ne suis pas fan) et à deux armes particulièrement nulles qui constituent presque des malus à part entière – dans la grande tradition de certains jeux, GHOSTS’N GOBLINS en tête. Le defender (une espèce de roue de feu) est très faible et la masse d’armes, si elle est puissante, ne présente aucun intérêt tant son allonge est ridicule. Oui, vous mourrez à certains moments simplement parce que vous aurez essayé d’éviter cette arme qui trainait sur le sol… Dans le classieux, citons le boomerang, particulièrement efficace une fois amélioré au maximum (c’est-à-dire que vous en enverrez plusieurs en même temps et à toute vitesse) ou encore le fléau d’armes, une espèce de variation bienvenue de la masse d’armes, à l’allonge confortable et à la hitbox plutôt large (imaginez une nuée de boules hérissées de pointes, pareille à un nuage d’acier, flottant devant vous).

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Un dernier mot sur la difficulté : en easy le jeu se boucle comme un charme, en particulier dans sa version japonaise où le nombre de vies et de continus est largement paramétrable (jusqu’à 15 !). Ajoutez à cela des checkpoints très permissifs et vous pouvez être sûr d’avoir une chance d’admirer la fin du jeu. Il en va de même en mode normal. En hard, c’est une autre histoire. Préparez-vous à des crises de nerf répétées, particulièrement contre certains boss qui, en hard, changent du tout au tout (niveau 3 et surtout niveau 4). Les ennemis de base tirent également beaucoup plus vite et les torches, qui dissimulent des bonus, peuvent maintenant vous brûler ! C’est définitivement dans le mode hard que CHELNOV révèle sa vraie nature et que vous serez obligé d’élaborer quelques petites stratégies pour vous sortir de situations apparemment inextricables.

CHELNOV, noyau joyau atomique et vidéoludique, est rarement cité quand il s’agit d’élire les incontournables de la Megadrive, et pourtant c’est incontestablement à lui que va mon vote. Quand bien même certains l’auraient, peut-être par ignorance, irradié des listes électorales.

Note : Nostalgie : aigle en or blason jvedb.

À mes yeux, CHELNOV est un jeu exceptionnel, original et au gameplay riche qui permet de renouveler constamment les parties – oui, vous pouvez varier les plaisirs. Rythmé, hyper jouable et prenant, assez beau et agréable aux oreilles, CHELNOV ne souffre d’aucun défaut. Aiguisez vos réflexes, mémorisez quelques passages diaboliques pour vaincre le jeu en hard et préparez-vous à prendre un pied incroyable avec ce run&gun mâtiné de shoot’em up et d’un soupçon de plates-formes. Une dernière précision : le jeu est plus « user friendly » dans sa version japonaise – il y a davantage de continus.

Images : jeux vidéo et des bas

Vidéo :

mag vintage

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5 réponses à Chelnov (Megadrive, 1992)

  1. TomTom dit :

    Je ne connaissais pas cette version MD du jeu! Il est vraiment transformé!
    Merci pour ce test clair et plein d’infos, et dans lequel on sent tout ton enthousiasme et ta passion pour ce jeu 🙂

  2. godsamo dit :

    Je connaissais pas du tout Chelnov et comme tu l’écris, la jouabilité est pas évidente au départ. Le perso qui avance tout seul et devoir appuyer sur un bouton pour se retourner sont deux choses assez déroutantes pour ce qui au départ ressemble à un classique run and gun.
    J’avoue ne pas encore avoir passé le premier niveau mais j’ai envie de voir la suite.

    • Oli dit :

      Oui au début il faut vraiment persévérer, on claque toutes les 15 secondes ! Commence en easy et pense bien à configurer le pad comme ça te convient le mieux. Au bout d’un moment, les contrôles deviennent vraiment intuitifs et on fait ce qu’on veut. Mais oui, il faut persévérer au départ.

  3. gabbersteff dit :

    Merci pour la découverte du portage!

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