Dino Dini’s Kick Off Revival (PlayStation 4, 2016)

Kick off revival BOXplaystation-4-iconeDino Dini’s Kick Off Revival
Année : 2016
Studio : The Digital Lounge
Éditeur : Avanquest Software
Genre : Dino-saure
Joué et testé sur PlayStation 4
Support : Blu-ray


Avec KICK OFF REVIVAL, Dino Dini signe son grand retour sur la scène vidéoludique. Le créateur de la série KICK OFF et de PLAYER MANAGER, jeux cultes pour la génération Amiga et Atari ST, sort enfin de l’ombre. Après bien des déboires avec Anco, l’éditeur de l’époque, ainsi qu’une longue traversée du désert en terme de développement de jeux, Dino Dini a choisi Sony comme premier partenaire pour dépoussiérer KICK OFF, grande gloire de la fin des années 80 et des années 90. Mais les joueurs de ces années-là sont-ils vraiment prêts pour un match retour ?

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Avant de commencer, une précision s’impose. Je suis un grand fan, que dis-je : un passionné irréductible de KICK OFF 2 et de PLAYER MANAGER auxquels je joue encore de temps à autres. Du gameplay simple, efficace et précis, issu des années 80/90 et qui, en termes de pure jouabilité, n’a pas pris une ride. Oui, le créateur de ces jeux, monsieur Dino Dini, était jusqu’à maintenant mon dieu vivant du jeu vidéo – j’exagère à peine : je lui vouais un véritable culte ! Dino Dini était pour moi encore plus grand qu’un Miyamoto, qu’un Eric Chahi, qu’un Mikami ou qu’un David Whittaker – mais pas Maria. Maria Whittaker elle, elle était et sera toujours devant tout le monde.

Cette introduction n’a d’autre but que de vous expliquer à quel point je suis tombé de haut, avec ce KICK OFF REVIVAL. Mes griefs sont tellement nombreux que je ne sais même pas par où commencer – mais en fait si, parce que j’ai quand même un peu bossé mon truc. Contrairement à Dino.

Première chose qui frappe – mais vraiment, tellement ça pique : les graphismes. C’est tout simplement indigne. Même sur smartphone on fait mille fois mieux… Regardez-moi ces tribunes par exemple… On croirait qu’elles ont été codées par un enfant de 10 ans qui se lancerait aujourd’hui dans la programmation (je vous jure que c’est vrai). Les sons ? Quasiment inexistants, et quand il y en a ils sont affreux. Les musiques ? Il y en a deux peut-être, ça oscille entre la musique d’ascenseur et la bande originale d’un porno italien des années 70. Affligeant.

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Mais je suis prêt à pardonner ces errances techniques. Ce n’est pas le plus important, en particulier quand on est retrogamer dans l’âme – même si ça démontre ici que Dino Dini s’est bien foutu de notre poire, ou alors qu’il n’est pas compétent, ou alors que sans Steve Screech c’est un juste un gros incapable (je vous laisse choisir – vous pouvez sélectionner les trois si vous voulez).

Avant de parler du gameplay, attardons-nous sur les options. Là c’est simple, c’est le désert. OK il y a l’Euro (mais on s’en tape !), un tutoriel (complètement raté, incompréhensible et dont le temps est limité à 4 minutes !), un match rapide contre l’IA ou en ligne (moi j’ai toujours du lag c’est injouable, peut-être parce que j’habite au Japon). Pour changer sa formation il faut faire une manip’ cachée (un peu comme s’il fallait faire le Konami Code pour changer d’arme dans un CONTRA) que Dino Dini a révélée dans plusieurs articles en ligne pour aider les joueurs – oui parce que c’est vraiment incompréhensible, même pour faire une passe ! Pas de notice, le tutoriel n’explique rien, et vogue la galère ! Pas de cartons (à venir dans de prochains patchs), un seul type de terrain, aucun changement de météo (et pourtant ça existait déjà sur Amiga et ST), corners, coups-francs et pénalty injouables, buggés, impossible de choisir la difficulté contre l’IA, impossible de dégager un ballon autrement que dans le rond central, etc.

Première conclusion : ce jeu n’a pas été livré dans sa version finale. Il s’agit d’une version alpha. Et encore… Dino Dini l’a d’ailleurs dit : il y aura de nombreux DLC gratuits. Oui mais là ce sont plus des DLC, ce sont des MAJ pour corriger des trucs impardonnables ou ajouter des options indispensables de base ! Honnêtement, le jeu est fini à quoi ? 50% ? Aux États-Unis, je me demande si l’éditeur ne se serait pas pris une class-action dans la tronche – pour avoir vendu un jeu non fini sans avoir prévenu les consommateurs. Comment Sony a-t-il pu laisser passer ça ?

Mais je suis encore prêt à pardonner toutes ces errances. Par respect pour Dino Dini et son travail passé. Oui je suis prêt à ronger mon frein et à attendre la sombre cohorte de DLC/MAJ annoncée. Car le plus important n’est-ce pas, c’est le gameplay. Pas la technique (même si là franchement on se moque du monde – c’était plus joli sur Amiga), ni les options (encore que dans le cas présent, il manque tout). Hélas, le joueur passionné que je suis a bu le calice jusqu’à la lie. Oui Dino Dini a carrément violé mon Graal.

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Plutôt que de retranscrire le gameplay de KICK OFF 2, le bonhomme a voulu “innover” en basant tout son jeu autour du stick analogique gauche. Dini est un Dino-saure. Comme certains d’entre nous, amoureux de retrogaming. À la différence près que nous, nous avons continué à jouer après la génération 16 bits. Lui, il semble découvrir le stick analogique aujourd’hui et il y a un truc qu’il ne semble pas avoir compris : un stick analogique, ça se pousse. Tout le temps. Les moments où l’on doit uniquement l’effleurer pour, par exemple, faire marcher Nathan Drake en mode furtif dans UNCHARTED 4, c’est l’exception. Pas la règle ! Eh bien Dino Dini a fait de l’exception la règle de son jeu. Je vous laisse imaginer le désastre : pour faire une passe courte, il faut seulement pousser au minimum le stick analogique (et appuyer sur X pour déclencher le mouvement). Sauf que le stick eh bien vous le poussez aussi pour faire bouger votre joueur. Donc expliquez-moi comment vous pouvez à la fois faire bouger votre joueur, et pousser au minimum le stick pour faire une passe courte ? C’est injouable. Complètement random. Ajoutez à cela les bugs jusque dans les déplacements des joueurs et les mouvements/arrêts du gardien et vous obtenez… ce truc.

Pour la petite histoire, j’ai contacté Dino Dini sur Twitter pour lui dire que tout baser sur un seul stick analogique et un bouton était une erreur, car contre-intuitif – alors que le gameplay de KICK OFF 2 c’était tout le contraire, on n’avait pas besoin d’un guide de 40 pages pour y jouer ! Il m’a répondu qu’il assumait la difficulté du jeu et que le plaisir viendrait une fois le gameplay maîtrisé. Je n’en doute pas. Mais ce n’est pas intuitif. Demain on nous sort un jeu de foot avec des commandes inversées, et ce sera tout aussi injouable. Mais oui certains, en y passant des heures et des heures et des heures arriveront finalement à y jouer. Et ça ne prouvera rien. Moi aussi je peux terminer L’AIGLE D’OR sur Amstrad au clavier les doigts dans le nez, parce que je m’y suis habitué. Ça n’empêche : les contrôles sont à vomir. Je lui ai aussi dit que s’il n’y avait que 1.2% des joueurs qui étaient parvenu à débloquer le trophée “10 passes courtes dans le rond central”, c’était bien qu’il y avait un problème avec les passes et qu’un choix dans les contrôles serait la moindre des choses (mode classique contre mode revival, par exemple). Il m’a répondu qu’il fallait m’entraîner, qu’il ne changerait pas un gameplay qu’il assumait totalement, le tout en retwittant quelques avis positifs (surréalistes) glanés ça et là sur le net – Dino est dans le déni.

Je lui ai pourtant donné sa chance, à ce jeu. J’y ai beaucoup joué durant une semaine. J’ai tenté des matchs online, contre l’IA, j’ai finalement réussi tous les exercices du tutoriel et mon jugement est sans appel : les contrôles ne sont pas adaptés à un jeu de foot comme celui-ci, le jeu n’est pas fini et si on marque parfois de fort jolis buts, c’est souvent aussi sur un coup de chance tant le hasard semble avoir son mot à dire durant les parties – contrairement à KICK OFF 2 où le joueur maîtrisait son destin de A à Z.

Z, comme les séries du même nom ? Dino Dini (KICK OFF) et Inafune (MIGHTY No. 9) ont clairement abusé de notre passion (déraisonnée ?) pour les paillettes du passé. Le premier cité a même pris tous les joueurs pour des bêtatesteurs. Et là je dis non ! Acheteurs bêtas, ça suffit amplement à notre malheur.

Note : corbeille pc vide

Comme beaucoup de passionnés des années 80 et 90, j’ai acheté mon Blu-ray de KICK OFF REVIVAL day-one. Et quelle déception ! Le jeu n’est pas fini à plus de 50%, techniquement il serait ignoble sur un smartphone, les joueurs ont des comportements bizarres, il n’y a pas d’options (à venir dans des patchs…) et le gameplay a été profondément modifié par rapport à KICK OFF et KICK OFF 2. Désormais, tout tourne autour du stick analogique gauche et du bouton X. Ce n’est pas intuitif, c’est une vraie torture. Pour moi il s’agit clairement de la déception de la décennie… Sans parler de la désagréable impression d’avoir été pris pour un imbécile. Peut-être, finalement, que Dino Dini sans Steve Screech n’est plus tout à fait Dino Dini… ?

Images : éditeur – vous noterez qu’elles proviennent de la pre-alpha version, et qu’elles sont identiques à celles du jeu aujourd’hui. Hum…

Deux de mes buts en vidéo – j’ai eu un peu de bol…

 

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Une réponse à Dino Dini’s Kick Off Revival (PlayStation 4, 2016)

  1. Fab dit :

    Du grand foutage de goal….

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