Human Killing Machine (Amstrad CPC, 1989)

HUMAN KILLING MACHINE, aka HKM
Année : 1989
Studio : Tiertex
Éditeur : U.S. Gold
Genre : un jeu à la Kwon
Joué et testé sur Amstrad CPC
Support : cassette ou disquette


Kwon, un combattant coréen, décide de défier les adversaires les plus puissants mais aussi les plus improbables de la planète. En URSS, il devra se défaire d’un garde l’armée rouge et de son chien… À Amsterdam, Kwon croisera des combattantes en bikini et en bas résille : attention à leur étreinte mortelle… C’est à Barcelone que Kwon entrera véritablement dans l’arène : entre un toréador et un musculeux taureau ! Enfin, après avoir éliminé deux Allemands, Kwon affrontera des terroristes dans une ville de Beyrouth dévorée par la guerre.

HUMAN KILLING MACHINE, HKM pour les intimes, n’est pas un jeu comme les autres. Vous vous souvenez sans doute de la théorie du Doc Emmet Brown dans BACK TO THE FUTURE : la bifurcation temporelle, deux lignes du temps qui évoluent en parallèle… deux réalités qui coexistent en ignorant l’existence de l’autre, en raison d’un évènement inopportun survenu à un instant X dans le passé. Eh bien, cet évènement inattendu, qui bouleversa l’histoire du jeu vidéo (j’exagère à peine), est survenu en 1989. Suite au succès de la conversion de STREET FIGHTER premier du nom sur micro-ordinateur à la fin des années 80, U.S. Gold récupère les droits pour produire une suite en Occident – d’un côté on aura donc le magistral STREET FIGHTER 2 développé par Capcom en 1991, et de l’autre un improbable HKM, un STREET FIGHTER 2 parallèle, concocté en 1989 par Tiertex sous les ordres d’U.S. Gold, cet ogre britannique plus intéressé par les profits faciles que par la qualité d’un produit proprement dite. U.S. Gold qui usera du même stratagème, et du même studio, pour produire « sa » suite au jeu STRIDER. Celle-ci s’intitulera STRIDER II – la suite développée par Capcom pour les bornes d’arcade portant le nom de STRIDER 2. La nuance est légère, mais bien là !


Un jeu pas avare en coups de putes…

Mais que vaut donc ce premier STREET FIGHTER 2 de l’histoire, qui semble avoir été condamné à naître et à vivre dans une réalité alternative, au point d’être désormais régulièrement oublié au profit du STREET FIGHTER 2 de Capcom ? On ne va pas se mentir : le jeu n’est pas bien bon… À l’époque, pourtant, je me souviens l’avoir aimé. Mais j’étais jeune, naïf… ignorant ? Disons simplement qu’au temps des balbutiements de « l’arcade à la maison », on savait se contenter de peu. De très peu, à en juger par mes difficiles retrouvailles avec ce jeu. Si la jaquette claque toujours autant, le gameplay est hélas aussi poussif que celui du premier STREET FIGHTER développé par le même studio – Tiertex. On retrouve en effet cette espèce de latence assassine quand on appuie sur le bouton fire ou quand on décide de sauter. L’impression de jouer dans une bulle, au ralenti. Une chose est sûre : ça ne nous simplifie pas la vie – bien au contraire, vous la perdrez souvent en raison de ces approximations de gameplay, de choix douteux de game design (les ennemis qui tuent en deux coups) et d’une hitbox capricieuse.

Heureusement, HKM est un tout petit peu plus profond que son grand frère : se baisser ne suffit plus à éviter tous les coups. Une bonne chose qui oblige le joueur à varier les approches – hélas on se rend vite compte qu’il faudra le plus souvent user et abuser de l’une des rares techniques fiables pour ne pas rendre l’âme : avancer, frapper au sol, reculer pour éviter le coup qui arrive inévitablement, et répéter à de nombreuses reprises ces pas de danse mortels et ennuyeux, telle une ballerine sombrant lentement mais sûrement sur les notes d’une berceuse assassine.

Pour les plus nostalgiques d’entre nous, il y a quand même des choses à sauver, dans HKM. Tout d’abord les graphismes, plutôt réussis, jusqu’aux décors variés et imposants – Moscou en pixels grossiers, c’est quand même magnifique. Le roster enfin, mérite à lui seul le détour. Jugez-en par vous-même : un soldat de l’armée rouge, un chien, des prostituées travaillant à Amsterdam, un torero, un… taureau, un serveur allemand qui lance des verres (trop rapidement d’ailleurs, ça devient vite injouable) ou encore et surtout deux terroristes arabes basés à Beyrouth ! Improbable et impossible à imaginer aujourd’hui. Et donc indispensable ? Les vieux résistants du pixel ayant joué au jeu à l’époque pourraient fort bien s’amuser le temps de quelques parties – avec le cheat des vies (voire de l’énergie) infinies pour ne pas trop flirter avec la crise de nerf.

Note :     Nostalgie :

Légèrement plus intéressant et plus joli aussi que son grand frère STREET FIGHTER premier du nom, dans sa version Amstrad CPC bien évidemment, HKM n’en demeure pas moins un jeu relativement médiocre aujourd’hui. Si son roster improbable et, disons-le franchement, de mauvais goût, lui donne une saveur inimitable, cela ne suffit pas pour faire de HKM un bon jeu pour autant – oui, même pour l’époque, car il y avait d’excellents jeux d’action sur Amstrad CPC : RENEGADE, BARBARIAN… Des softs indémodables qui prouvent que la nostalgie n’est pas toujours mauvaise conseillère…

Images : Jeux vidéo et des bas

Vidéo :

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Une réponse à Human Killing Machine (Amstrad CPC, 1989)

  1. Tatsael dit :

    Merci pour ce test !
    Je crois pour le coup que je vais garder mes souvenirs bien au chaud et surtout ne pas rejouer à HKM… 😉

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