Ultracore (PlayStation 4, 2020)

ULTRACORE
Année : 2020
Studio : Digital Illusions / Softdistribution / Strictly Limited Games
Éditeur : Strictly Limited Games
Genre : le diable au hardcore
Joué et testé sur PlayStation 4
Support : Blu-ray


Soldat d’élite, vous avez toutes les peines du monde à réintégrer votre base : celle-ci a été littéralement décimée, et vous devrez enjamber de nombreux cadavres et détruire d’innombrables robots tueurs pour vous frayer un chemin dans ce dédale futuriste. Vous découvrirez bien vite qu’une invasion menace l’espèce humaine… et que le super ordinateur Vance est derrière toutes ces horreurs. Il vous faudra bien du courage, et beaucoup de malice, pour éviter les pièges que Vance a disséminés un peu partout, mais aussi pour mettre la main sur les nombreux secrets que recèle les bases que vous vous apprêtez à parcourir.

ULTRACORE se nommait à l’origine HARDCORE, et était supposé sortir sur Megadrive et Amiga au début des années 90. Il fut hélas annulé en raison de la relative désuétude des supports précités en 1994 (la PlayStation était sur le point de pointer le bout de son CD). Mais grâce aux efforts de la team Strictly Limited Games, le phœnix du studio Digital Illusions (PINBALL DREAMS) renait enfin de ses cendres irradiées. Cette résurrection s’est faite en deux temps. 2019 sur la Megadrive, et 2020 sur les consoles de nouvelle génération. Pour un test détaillé du jeu sur le support rêvé, à savoir une cartouche Megadrive, vous pouvez consulter cette page, écrite en novembre 2019.

Sur PlayStation 4, et a fortiori sur un grand écran, ULTRACORE perd un peu de sa superbe. Attention rien de grave malgré tout, mais la magie opère moins, à mon sens. C’est le principal reproche que l’on pourrait faire à ce “portage” sur les consoles modernes : le jeu ne semble pas avoir été optimisé pour ces machines – à part la présence de nouvelles musiques, signées par des pointures (l’ancienne bande originale reste disponible). Aucun système de sauvegarde n’a été implémenté par exemple – on doit toujours se taper de longs mots de passe entre les niveaux. C’est fastidieux. La séquence en vue zénithale, prévue en 1994 et abandonnée dans la version Megadrive de 2019, aurait pu être ajoutée ici, en guise de bonus déblocable avec des artworks aussi, pourquoi pas. Une idée parmi d’autres pour enrichir les versions PlayStation 4 et Switch. Mais non. Il faut donc se contenter du jeu Megadrive dans son plus strict appareil – fort élégant et diablement efficace, mais qui aurait quand même pu être légèrement lustré. Il y a malgré tout un gros avantage à jouer au jeu sur PS4 : la manette. Avec sa belle croix directionnelle et tous ses boutons, la Dualshock4 rend le jeu plus agréable à prendre en main puisque sur Megadrive quelques manips étaient nécessaires pour exécuter certaines actions.

Sur le fond, ULTRACORE demeure une pépite de jeu vidéo 16 bits – si vous n’êtes pas habitué au ludisme sur Amiga ou Megadrive (qui bénéficia de nombreux portages de la micro-informatique européenne), vous aurez du mal à adhérer. Mais si vous avez gardé la fibre non pas optique mais rétro, vous risquez bien de fondre comme un robot victime de votre rage nucléaire. ULTRACORE est un jeu absolument fantastique, un mélange d’action et de plateforme à l’ancienne mais aucunement désuet. Il s’inspire bien évidemment de certains classiques comme TURRICAN mais sublime le genre avec une maniabilité sans faille (possibilité de tirer dans toutes les directions, sauts modulables…), un level design extrêmement riche avec une foultitude de secrets géniaux, des pièges ultra variés et parfois uniques, des passages vraiment originaux, des plateformes étranges qui tanguent comme des bateaux ivres, des adversaires violents, des terminaux informatiques à dénicher avec de réelles conséquences sur votre aventure, et des musiques exceptionnelles qui n’ont pas fini de vous hanter… à la manière du spectre de la mort subite qui va vous persécuter. ULTRACORE est en effet assez dur et il doit être lentement apprivoisé pour, finalement, être dompté. À titre d’exemple, sachez que j’ai un peu galéré pour le terminer l’an passé sur Megadrive, mais que j’en suis venu à bout presque du premier coup sur PlayStation 4 – en plusieurs sessions, le jeu étant quand même assez long pour le genre.

ULTRACORE est définitivement un grand jeu 16 bits – mais seulement un jeu 16 bits. Il ne bénéficie en rien de la puissance des consoles de nouvelle génération et semble avoir été porté tel quel depuis la Megadrive. Personnellement ça ne me dérange pas, mais certains pourraient éventuellement grincer des dents.

Note :

Annulé en 1994 sur Megadrive et Amiga, HARDCORE, produit originellement par Psygnosis et programmé par le grand studio Digital Illusions, a été ressuscité en 2019 par l’équipe allemande Strictly Limited Games. Si le titre a été modifié (appelez-le désormais ULTRACORE), et si les séquences en vue zénithale ont été supprimées (jugées pas suffisamment convaincantes), le jeu semble être semblable à ce qui était annoncé alors : un run&gun plein d’action et de plateformes, au level design génial, aux musiques dantesques et aux secrets incroyables. Désormais disponible sur Megadrive, Switch et PlayStation 4, ULTRACORE ravira les retrogamers endurcis… même si ceux-ci pourraient regretter que les versions de consoles de nouvelle génération ne proposent aucun ajout par rapport à la cartouche Megadrive – à part la présence d’une nouvelle bande originale (de qualité).

Trailer :

 

 

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