Jigoku Gokurakumaru (Famicom, 1990)

JIGOKU GOKURAKUMARU
Titre alternatif : Kabuki: Quantum Fighter
Année : 1990
Studio : Human Entertainment
Éditeur : Pack-In-Video
Genre : un héros ac-tif
Joué et testé sur Famicom
Support : cartouche


Dans le futur, un virus frappe l’ordinateur central de la défense terrestre. L’origine de l’attaque informatique est inconnue, mais elle risque de laisser la planète rapidement sans protection. Bobby Yano, un jeune homme de 15 ans, se porte volontaire pour une mission extrêmement dangereuse : implanter son esprit dans l’ordinateur, afin de découvrir le virus et de l’anéantir. Une fois à l’intérieur de la machine, celle-ci octroie à Bobby l’avatar de l’un de ses ancêtres : Jigoku Gokurakumaru, un furieux samouraï aux techniques de combat plutôt originales. Ce ne sera pas de trop pour Bobby, puisque le virus a rapidement détecté sa présence et a commencé à organiser sa défense : plateformes tueuses, pièges multiples, monstres retors et boss démoniaques se dresseront en effet sur son chemin.

Un jeune homme s’infiltre virtuellement dans un ordinateur pour combattre un virus, et se retrouve vite flanqué d’un avatar inspiré de l’un de ses ancêtres : un samouraï fougueux du nom de Jigoku Gokurakumaru – le jeu essaie de coller au film ZIPANG sorti la même année, qui contait justement les aventures étranges de Jigoku Gokurakumaru, à la sauce jidai-geki nimbée de fantaisie. Mais en Occident, on fait fi de ce background et le vaillant éradicateur de virus se réincarne en comédien de kabuki – ce qui reste néanmoins presque raccord avec le film, puisque dans celui-ci Jigoku se déguisait en acteur de kabuki dans la toute première scène. Peu importe en réalité, puisque dans l’un ou l’autre des cas, cela permettra au héros pixélisé de donner de grands coups de cheveux pour détruire ses adversaires ! Quel programme (informatique) ! Alors déjà, rassurez-vous : je vais éviter tous les jeux de mots capillaires, ce serait trop facile. Par contre je vais prendre le temps de m’attarder sur ce jeu d’action/plates-formes de Human Entertainment, pour vous donner envie d’y (re)jouer, ou pas. Personnellement, je l’ai vraiment apprécié : KABUKI: QUANTUM FIGHTER est définitivement à ranger dans la catégorie des très bons action/platformers de la Famicom, aux côtés de BATMAN et SOLBRAIN – oui, il se révèle toujours maniable, et jamais injuste. Au contraire d’un NINJA GAIDEN, par exemple. Hélas, il est aussi miné par certains détails inhérents au genre et à l’époque de sa sortie qui, il faut le rappeler, n’étaient pas du tout considérés comme des défauts, alors. Aujourd’hui, par contre, certains risquent de trouver tout cela un peu tiré par les cheveux. (oups promis j’arrête !)

Commençons par ce qui fâche : le jeu est assez dur. Il est court certes, mais sur la fin il devient extrêmement crispant, cumulant alors tous ces petits détails dont raffolaient certains développeurs sadiques de l’époque et qui ont poussé plus d’un joypad au suicide : sauts au pixel près, des ennemis placés juste là où il faut pour vous toucher, vous faire tomber et vous faire recommencer presque du début un niveau au level design vertical, des plateformes de glace (inertie !), des plateformes qui sont parfois des tapis roulants (dans un sens ou dans l’autre, bonjour le stress), des monstres qui réapparaissent si on quitte un tableau (par exemple après une chute dans le vide !) et un temps très limité, par-dessus le marché ! Cerise sur le gâteau au cyanure : la dernière forme du boss final est absolument odieuse, et vous aurez besoin de votre barre de chips (des microprocesseurs vous octroyant des armes spéciales) remplie au maximum pour espérer le vaincre… le tout avec une petite poignée de vies et deux continus uniquement !

Mais… comme je l’ai précisé en préambule, QUANTUM FIGHTER n’est pas injuste. Il se révèle même extrêmement maniable, avec ses sauts très souples à la hauteur modulable, et cette faculté de pouvoir s’accrocher facilement à certaines plateformes et de passer de l’une à l’autre en sautant plus ou moins loin – à l’horizontale ou à la verticale, suivant l’architecture assez variée des niveaux. Le héros peut évidemment frapper (coup de cheveux, coup de pied…), se baisser et utiliser des pouvoirs spéciaux (chips) permettant, le plus souvent, de frapper à distance. On récupère assez facilement des points de vie et des chips en cours de route. Par conséquent, QUANTUM FIGHTER est certes dur, mais loin d’être hardcore pour un joueur confirmé – je l’ai terminé la première fois en une petite après-midi… en transpirant un peu lors du dernier niveau, c’est vrai.

S’il n’est pas le jeu le plus techniquement abouti de la Famicom (les animations du héros et quelques arrière-plans sont quand même réussis), JIGOKU GOKURAKUMARU reste assez représentatif de son époque et devrait donc parler à celles et ceux qui l’ont connue, ainsi qu’aux aventuriers du pixel perdu.

Note :     Nostalgie :

KABUKI: QUANTUM FIGHTER a été conçu comme un spin-off futuriste du film ZIPANG, sorti en 1990. Presque au même moment, un autre jeu adaptait lui directement le film sur PC Engine. Sur le fond, il s’agit d’un action/platformer dans la lignée d’un BATMAN. S’il n’atteint pas vraiment le niveau des meilleurs titres du genre, il se situe malgré tout dans le haut du panier sur Famicom. Hyper souple, extrêmement jouable et proposant un level design inspiré, le jeu de Human Entertainment est vraiment plaisant à jouer – quelques pics de difficulté risquent malgré tout de faire fuir les joueurs peu habitués aux idées retorses des développeurs japonais de l’époque.

Images : ukariko.jp

Vidéo :


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