Toki (Amiga, 1991)

TOKI
Année : 1991
Studio : Ocean
Éditeur : Ocean
Genre : l’Amiga singe l’arcade
Joué et testé sur Amiga
Support : disquette


Le main magique et gigantesque du sorcier Bashtar a enlevé la douce Miho, tandis que Toki, son amant, a été réduit au rang de simple primate. Simple, vraiment ? Pas tant que ça. Bien que particulièrement lent, Toki le singe va prendre son courage à deux mains et s’en aller défier les hordes de Bashtar. Sous l’eau, dans des grottes enneigées, sous les pentes d’un volcan ou encore sur un wagonnet lancé à toute allure, Toki n’abandonnera pas si facilement sa tendre moitié. Bien que ne disposant d’aucune arme, il pourra compter sur ses crachats destructeurs !

Aaaaah TOKI… Un jeu d’arcade culte qui fit le bonheur des joueurs en culottes courtes durant les années 80/90. Son singe pataud à la démarche nonchalante contrastait avec la plupart des autres personnages de jeux vidéo, plus beaux, rapides ou virils. Une manière comme une autre de se démarquer de la concurrence, de marquer son territoire – non pas avec de l’urine, mais bien avec de la salive ! Le plus incroyable, c’est que ça marchait : si ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire la grimace, ce n’est pas non plus à d’anciens développeurs de Data East qu’on apprend à faire de bons jeux ! Tout, dans TOKI, avait été pensé et soupesé pour coller au côté lourdaud de notre primate : vitesse des ennemis, patterns des boss, level design… Oui, le jeu se jouait comme un charme : cracher sur les monstres, se baisser pour éviter des tirs, sauter de plate-forme en plate-forme, sautiller sur un adversaire pour l’écraser… TOKI était jouable, tout simplement. Jouable, prenant et charmant. Et comme tout bon jeu d’arcade qui se respecte, TOKI fut bien évidemment porté sur de nombreuses machines de salon. Si la version Megadrive, qui fait beaucoup d’infidélités à l’arcade, est sans doute le portage qui a le mieux vieilli, il convient malgré tout de noter que la version Amiga est assez exceptionnelle pour l’époque – et sur le fond et la forme, la plus fidèle à l’arcade.

Vous croyez que je dépasse les bornes ? Que nenni, c’est TOKI sur Amiga qui, en l’occurrence, les dépasse allégrement ! Oui, lorsqu’il est sorti en 1991, TOKI sur Amiga c’était un peu comme l’arcade à la maison ! Beau à en pleurer, avec une foultitude de détails jusque dans les arrière-plans, doté de musiques magnifiques, d’animations bien fichues et d’un excellent level design, TOKI était, disons-le franchement, un véritable tour de force sur Amiga – là où tant d’autres adaptations relevaient plutôt du tour de farce ! Un bonbon exquis qui respire la salle d’arcade (l’odeur de sueur de votre voisin en moins), à ranger aux côtés de titres comme ROD LAND, PANG ou SILKWORM ! Il faut dire aussi que l’équipe en charge du portage était l’une des dream teams de l’époque – Dessoly, Janicki and co. Les intéressés ont quand même œuvré sur des titres du calibre de BEACH VOLLEY ou IVANHOÉ. Oui, TOKI est un pur enchantement. On peut tirer dans toutes les directions, sauter, ramper, récupérer des bonus et changer de tir, devenir invincible (avec un casque de foot américain – hilarant), plonger et nager sous l’eau, les boss sont magnifiques et leur difficulté assez bien dosée, le bestiaire est fantastique… bref, on en prend plein les zygomatiques !

Hélas, malgré tout l’amour que j’ai pour TOKI, en particulier dans sa mouture Amiga (bien supérieure à la version ST), je ne peux passer sous silence deux détails qui nuisent quelque peu à l’expérience de jeu. Le premier est inhérent à la machine qui héberge TOKI : un micro-ordinateur personnel 16 bits… et son joystick aux terminaisons moins simiesques que les membres de notre grand singe. La plupart des manettes de l’époque ne disposaient en effet que d’un seul bouton – appelé fire. Du coup, pour sauter dans TOKI il faut pousser le joystick vers le haut. Pas évident car, dans le même temps, le héros du jeu peut tirer dans toutes les directions. Par conséquent, pour tirer à la verticale, il convient d’appuyer sur fire en premier, puis de pousser le joystick vers le haut ensuite. Mais pour sauter en tirant, c’est la manip’ inverse qui s’impose ! Le jeu étant parfois particulièrement retors, on sombre immanquablement dans la crise de nerfs, puis dans l’alcoolisme, la prostitution pour finir par toucher le fond en devenant membre d’un groupe de fans de Julien Chièze.

Le deuxième défaut de TOKI est lié à sa difficulté, le jeu original faisant déjà appel aussi bien aux réflexes qu’au par cœur, la rigidité d’un joystick revient peu ou prou à verser un peu plus de sel sur la plaie. Bien que TOKI soit très bien fait, le finir d’une traite relève de la gageure. Ce n’est pas impossible certes, mais le commun des mortels et même la plupart des joueurs chevronnés s’y casseront les dents, la tête, les doigts et bien sûr le bâton de joie. Était-il vraiment nécessaire de gonfler la difficulté de TOKI de la sorte, de lui faire courber l’échine là où tant d’autres jeux Amiga et ST de l’époque avaient déjà tellement plié qu’ils avaient fini par rompre ? Bien sûr que non. C’est d’ailleurs peut-être pour cela que l’équipe en charge du développement a opté pour des continus infinis avec respawn au début du dernier niveau, des checkpoints réguliers et un cheat code bien entendu caché : vous pouvez donc pousser un ouf de soulagement. Pas trop vite quand même, attention au trou, là, et à cette araignée qui explose en boulettes… oups, trop tard !

Si son côté punitif qui verse un peu trop dans le par cœur a sans doute mal vieilli, son rendu très arcade, son bestiaire incroyable, ses musiques sublimes et sa réalisation de haute volée font incontestablement de TOKI un jeu indispensable sur Amiga.

Note :    Nostalgie :

TOKI sur Amiga, c’est un peu une idée de la borne d’arcade à la maison, sauf que c’est moins encombrant ! Je n’exagère aucunement : le jeu d’Ocean France est absolument magnifique et particulièrement fidèle à la version arcade. Hélas, un joystick Amiga ou ST, doté d’un seul bouton, n’est sans doute pas idéal pour profiter pleinement d’un jeu aussi dur et retors, qui se joue parfois au pixel près. Avec une difficulté drastiquement revue à la baisse, TOKI aurait pu devenir l’un des meilleurs jeux de plates-formes de salon de tous les temps. Il se contentera du haut du panier des softs Amiga, ce qui n’est déjà pas si mal.

Images : Jeux vidéo et des bas

Vidéo :

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